![]() |
|||||||||||||||||
|
Sommation respectueuse |
|||||||||||||||||
![]() |
|||||||||||||||||
|
Même ayant atteint la majorité
pour le mariage, les jeunes gens étaient tenus de solliciter le consentement
des parents récalcitrants par un "acte respectueux" présenté
par un notaire, plus témoins, par trois fois pour les hommes entre
vingt- cinq et trente ans (de 21 à 25 pour les femmes), avec un mois
de délai entre chaque acte. Après trente ans, un seul acte était
encore requis.
|
|||||||||||||||||
![]() |
|||||||||||||||||
|
Ainsi Pierre François Labarre, 37 ans, fils du marchand de bois Etienne Labarre du Châtelet en Brie, dut-il passer devant le notaire Bernard de Melun, un acte de sommation respectueuse. Le père, qui avait occupé les fonctions d'administrateur du Conseil du Département et de Juge de Paix du canton sous la Révolution, "ami de l'ordre" et admirateur de la Police, comme il l'écrivit lui-même, n'avait pas dû apprécier que son rejeton ait eu cinq enfants hors mariage, le plus grand approchant l'adolescence, avant qu'il ne songe à convoler, en 1815; d'autant plus que sa fille Madeleine Thérèse aura été l'épouse du maire de Melun, Adrien Joseph Hippolyte Delacourtie, chevalier de la Légion d'honneur et qu'un autre de ses gendres, Jean Baptiste Cécile Werger, soldat ayant fait toutes les campagnes de Napoléon, capitaine à la Légion de Seine et Marne sous la Restauration, ait lui aussi été décoré de la légion d'honneur. Le refus d'Etienne Labarre de laisser son fils convoler après avoir eu quelques enfants hors mariage est d'autant plus cocasse qu'Etienne avait fait de même. En janvier 1783, à Notre Dame du Bon Mouillage, Saint Pierre de la Martinique, il fait baptiser l'un après l'autre ses trois rejetons, eux aussi nés hors mariage: Pierre François né en 1778, Madeleine Thérèse née en 1780 et la petite Catherine Rachel en 1782. Le père n'assite même pas aux baptêmes qui ont lieu à quelques jours d'intervalle: "Sr Etienne Labarre qui nous a prié et authorisé par un billet en datte de ce jour et signé de lui, de batiser sur son nom l'enfant ci dessus". Etienne Labarre ne se maria qu'en 1785, paroisse St Gervais à Paris. Il est possible qu'avant de retourner en France où il rachète, en 1786, le domaine de Bois Louis vendu en 1767 par son père, Etienne Labarre ait voulu donner un état civil à ses enfants et jeter un voile sur sa respectabilité perdue dans les Iles. Lors du mariage de son fils, celui-ci est d'ailleurs dans l'impossibilité de présenter son acte officiel, remplacé par une déclaration faite presque vingt ans plus tôt au "directoire du ci-devant district de Melun". Pour le mariage en 1802 de sa fille Marie Thérèse avec Adrien Joseph Hippolitte Delacourtie, les Antilles sont opportunément injoignables "attendu que l'isle de la Martinique dans laquelle elle est née est au pouvoir des Anglais." Par contre, vingt ans après, en 1822, pour le mariage tardif de Catherine Rachel , 39 ans avec Jean Baptiste Cécile Werger, il est déclaré: "légitimée par le mariage subséquent de ses dits père et mère". Etienne Labarre n'avait plus son mot à dire, pour la bonne raison qu'il était alors décédé. Peut être le père avait-il caché à ses rejetons sa jeunesse tumultueuse maintenant qu'il était devenu un notable, peut être aussi craignait-il qu'en officialisant son union, son fils Pierre n'ait été obligé de fournir un acte qui aurait révélé son ascendance illégitime? Ou peut être n'y avait-il rien de tout cela? AD77 L 396 n° 26 , état civil le Châtelet en Brie 5 Mi1914 Etat civil Melun 5 Mi 6034, minutes du notaire 217 E 261 n°173, base Léonore L2754013, registres paroissiaux de Notre Dame du Bon Mouillage, Saint Pierre de la Martinique, Notice historique sur le Châtelet en Brie |
|||||||||||||||||
|
22 mai 1815 L'an mil huit cent quinze, le lundi vingt deux mai,
heure du midi On notera que, n'ayant trouvé qu'une domestique, le notaire et ses témoins ont pris soin de décrire les lieux pour prouver leur présence. 8 juillet 1815 Mariage de Pierre François
Labarre, garçon majeur né en la paroisse de Notre Dame
de Bon Port du Mouillage de Saint Pierre isle de la Martinique le 14
juin 1778, suivant qu'il appert d'une déclaration faite au directoire
du ci-devant district de Melun, du 24 septembre 1793, demeurant au Châtelet,
lequel est dans l'impossibilité de représenter son acte
de naissance, fils de M. Etienne Labarre, propriétaire au Bois
Louis, commune du Châtelet et de Marie Elisabeth Lefèvre...
ledit Pierre François Labarre n'ayant pu avoir le consentement
de son dit père pour le mariage ... mais lui ayant fait faire
une sommation respectueuse par acte passé devant maître
Bernard notaire à Melun (Antoine Bernard de la Fortelle, notaire
d'août 1811 à novembre 1832) le 22 may dernier enregistré
à Melun le 23 dudit mois et ayant obtenu le consentement de sa
mère par acte devant le même notaire le 14 juin aussy dernier,
enregistré le 15 dudit mois.. signe Labarre fils avec paraphe Un cinquième enfant était
né hors mariage, Louise Iphigénie, née le 22 mars 1813
et décédée le 10 juin 1814 au Châtelet 5 Mi 1913
p 316 .
|
|||||||||||||||||
|
|
|||||||||||||||||