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Trois scieurs de long font ordinairement en une heure,
sur du chêne encore verd, un trait de scie de 56 décimètres
(139 pouces) de long, sur 3 décimètres (11 pouces 0) de
large, Ils donnent 50 coups de scie par minute, c'est 3.000 par heure;
la scie est élevée et abaissée dans chaque coup
de 8 décimètres environ (les conversions
en unités anciennes ont ensuite été supprimées).
L'effort moyen de chaque homme est de 15 kilogrammes environ. Celui
qui est placé en haut est occupé à relever la scie,
ceux du bas à la tirer, l'homme du haut pèse un peu sur
la scie en descendant, les hommes du bas soulèvent un peu en
levant ; mais cette pression de l'homme du haut, cette élévation
des hommes du bas sont faibles, surtout lorsque le mouvement de la scie
est de 50 traits par minute. On peut donc considérer l'effort
constant pour soulever la scie comme étant de 13 kilogrammes,
et celui pour l'abaisser et refendre le bois comme étant de 26
kil. .
L'effort pour scier est composé du poids de la scie, plus de
l'effort des hommes du bas; si l'homme du haut emploie un effort constant
de 15 kil. pour soulever la scie, on peut ajouter pour son poids celle
force à celle que les hommes employent; c'est donc un effort
de 39 kilogrammes, qui élèverait un poids égal
à 50 fois 8 décimètres ou 2.400 mètres de
haut par minute, conséquemment à 5000 fois 8 décimètres
ou 2400 mètres de haut en une heure. Comme les scieurs de long
travaillent douze heures par jour avec la méme force et la même
vitesse, leur action journalière élèverait un poids
de 59 kilogrammes à 28.800 mètres de haut, ou un poids
de 1.128 kilog. à un kilom de hauteur, et l'action journalière
de chaque ouvrier serait de 376 kilogrammes à un kilomètre
de hauteur ..
Puisque les trois scieurs font en une
heure un trait de 36 décimètres (139 pouces) de long, sur
3 décimètres (11 pouces) de large, c'est par minute un trait
de 6 centimètres (26 lig. 59), et par coup de scie une entaille
de 1,2 millimètre (0 ligne 53) de long...

Comparaison entre scieur et machine
Cette scierie peut donc être substituée
avec économie aux scieurs de long et aux équarrisseurs,
puisqu'en supposant la refonte de la planche à 20 fr., prix moyen
du scieur de long, elle produirait, par 24 heures, 232 planches, qui auraient
coûté 48 fr. 40 c. et la dépense n'aurait été
que de 15 fr., conséquemment le bénéfice serait trois
fois la dépense... (erreur sur le coût de la planche : 20
c et non 20 F + multiplication approximative : 232 x 0,20 =46,40 F)
On peut juger, d'après cette comparaison, quel bénéfice,
pour le moment actuel, donnait une scierie à vapeur transportable,
substituée au travail des hommes; et le bénéfice sera
augmenté dans la plupart des exploitations de la valeur du combustible
employé, que l'on peut considérer comme étant nul.
Si dans le moment actuel, cette sorte d'usine présente un bénéfice
considérable, quelle espérance ne donne-t-elle pas pour l'avenir,
si la main-d'œuvre va toujours en augmentant, comme tout semble le faire
croire.

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