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années avant la fin de l'Ancien Régime, pamphlet édité
à Londres, contre les gros décimateurs, moines et chanoines,
qui ne laissaient au curé desservant qu'une maigre "portion
congrue".
L'auteur, curé puis maire de Chavignon, Aisne, y décrit
en détail le rôle important du curé de campagne, "père"
et "homme essentiel" de chaque paroisse. Quelques extraits...
A Londres 1785
Lettres sur les moyens de rendre les personnes, les établissemens
& les biens de l'Eglise encore plus utiles à l'Etat & même
à la Religion
pp 28/29 Nombre de paroissiens, de
prêtres "pères" de chaque paroisse ; obéissance
au roi
Sire
Votre majesté a dans son royaume environ quarante mille hommes,
qui, entre tous les autres, lui sont spécialement dévoués,
& par le moyen desquels il n'est pas de bien qu'elle ne puisse faire
à ses peuples; quarante mille hommes qui peuvent lui assurer plus
efficacement l'obéissance de ses sujets que les trois cens mille
hommes qui sont sous les armes; quarante mille hommes qui peuvent prévenir
ou appaiser plus de procès que toutes vos cours de justice n'en
sauroient juger; quarante mille hommes qui sont à portée
de procurer plus de secours aux malheureux que l'opulence de tous les
citoyens les plus riches & les mieux intentionnés.
Ces hommes sont tous dans la place où Votre Majesté peut
les souhaiter pour que le bien d'opère par-tout, sans retard sans
oubli, sans négligence. Il y en a un dans chaque paroisse ; ils
connoissent tous vos sujets ; ils sont présens à tout ;
ils ont un titre pour les aimer ; & c'est avec Votre Majesté
qu'ils ont la gloire de le partager ; c'est celui de père ; leur
premier devoir est de faire leur bonheur.
Ces quarante mille hommes bien choisis, bien formés, bien stipendiés
*, bien considérés, sont comme les yeux de Votre Majesté
pour pénétrer dans tous les besoins de ses peuples ; ils
sont comme les mains pour leur porter toute sorte de secours. Par eux,
votre Majesté est assuré que dans toute la vaste étendue
de son royaume il n'y a pas un vice qui ne soit combattu, pas un besoin
qui ne soit secouru ; les vingt millions d'hommes qui chérissent
le bonheur de vivre sous vos loix, sont sous leur protection immédiate
; ils sont l'objet de leur étude, de leurs soins, de leurs travaux
; les pasteurs n'existent que pour eux : Sire, permettez nous de le répéter,
chaque paroisse est une famille dont le curé est le pere.
* Payer, gager quelqu’un,
l’avoir à sa solde. Il ne se dit guère que Des soldats.
Stipendier des troupes Dico Académie 1762 // idem 2024 : Litt.
Recruter des soldats contre rémunération. Stipendier une
milice. Par extension. Payer quelqu’un pour exécuter des
basses besognes ; corrompre une personne. Stipendier des bandits. Il
a été stipendié pour falsifier le rapport.
p 70 Part de la dîme pour les
pauvres
Vous connoissez, Monsieur, les termes du capitulaire de Charlemagne sur
la dîme, que les prêtres, selon l'autorité des Canons,
employent la seconde partie de la dîme pour les besoins des pauvres,
& leur en fassent eux-mêmes la distribution avec beaucoup d'humanité
et de douceur.
* Misericorditer et cum omni humilitate dispensent (Qu'ils exercent leur
ministère avec miséricorde et en toute humilité.)
p 83 Casuel
Lettre cinquième. Sur le casuel. C'est une injustice envers les
paroissiens. Il est contraire aux anciennes loix de l'Eglise, & humiliant
pour les pasteurs.
Si tu es un vautour, attends pour te repaître du cadavre.
p 85 ... & je ne sais pas comment l'assemblée du Clergé
a pû en 1765 dire, "que la modicité & l'insuffisance
des bénéfices-cures mettoit dans la nécessité
d'en tolérer l'usage." On ne sauroit tolérer ce qui
est mauvais.
p 88 Le malade qui voit entrer chez lui son curé, & qui ne
devroit voir en lui qu'un ange consolateur, soupçonne peut-être
en lui l'homme avide qui attend pour s'enrichir de son trépas.
Si la modicité de leur bénéfice est quelquefois cause
que certains pêtres n'ont pas le noble désintéressement
qui sied si bien aux dispensateurs des choses saintes de combien de scandales
le casuel ne peut-il pas devenir la cause & à quelles ressources
honteuses ne peuvent pas s'abaisser ceux qui n'ont pas d'ailleurs de quoi
vivre?
p 106 Importance du curé à
la campagne
Croyez vous les curés de campagne moins utiles? au contraire, il
n'est pas de place où l'on puisse l'être autant, ni qui exige
plus de talens & de vertus. A la ville on trouve des secours de tout
genre, lumiers, aumônes, conseils de jurisconsultes & de médecins,
établissemens pour toutes sortes de besoins, services des ecclésiastiques,
qui partagent les fonctions du ministère; mais à la campagne,
il n'y a seul chargé de suffire à tout, il est seul le guide,
la ressource, l'avocat, le médécin, presque le juge, &
sur-tout le pere de ses peuples, il faut qu'un curé de campagne
soit universel; car il est nécessairement un homme essentiel.
pp 106 à 110 Importance et solitude
du curé à la campagne
(extraits) Croyez vous donc, Messieurs, qu'il n'en coûte pas beaucoup
d'efforts, de dégoûts & de sacrifices à un prêtre
élevé comme vous dans la société, qui y a
reçu une éducation semblable à la vôtre &
qui ordinairement a passé ses premières années de
ministère dans la ville, de se voir confiné pour toute sa
vie dans une campagne où il ne trouve aucune société
& où il est au moins renfermé pendant un long hiver?
Croyez-vous, dis-je, que dans des paroisses nombreuses & fort écartées
ce ne soit pas un travail fatiguant de parcourir des chemins impraticables,
pour aller dans des hameaux éloignés visiter de pauvres
malades dans leur chaumière, & leur porter les secours de l'humanité
& de la religion? Et les confessions qu'il faut entendre pendant des
journées entières, même dans la saison la plus rigoureuse,
les enfans qu'il faut catéchiser, les instructions qu'il faut préparer,
l'étude à laquelle il faut s'appliquer pour remplir sans
reproche le redoutable ministère, tous les mouvemens qu'il faut
se donner pour soulager son peuple, plaintes à entendre, conseils
à donner, lettres à écrire, démarches à
faire, remèdes à indiquer, vrais pauvres à connoître,
secours à leur procurer, nourrices à inspecter, jeunesse
à surveiller, abus à réprimer; regardez-vous toutes
ces occupations comme faibles & très-agréables pour
la délicatesse?
Savez-vous apprécier toutes les peines d'un pasteur zélé
qui tend sans cesse les mains à un peuple indocile et que le peu
de revenus que vous lui accordez rend peut-être méprisable
à ses propres yeux... qui parle et qu'on n'écoute pas...
qui voudrait se faire tout à tous pour gagner son troupeau et qui
n'essuie quelquefois que du mépris et des injures? Trop heureux
encore si sa vertu demeure toujours à l'abri de la calomnie.
Voilà, Messieurs, l'idée que je me suis toujours formée
des curés, & surtout de ceux de la campagne; de ces hommes
si élevés par leur état, & que vous avez rendus
si petits...
pp 112/113 Importance du curé
à la campagne, registres paroissiaux "hommes essentiels"
Mais hors de ces cas fâcheux quoique fréquens, nos curés
ne sont-ils pas journellement des hommes essentiels, & leurs occupations
de chaque jour ne sont-elles pas des services & les premiers services
pour l'Etat? Je ne connois rien de plus important que les fonctions qui
leurs sont confiées, quand je ne parleroit que des titres dont
ils sont les instrumens & les dépositaires. Oui, Messieurs,
c'est dans leurs mains que nous trouvons ces titres précieux qui
assurent l'état de tous les citoyens. Naissances, mariages, sépultures,
les curés donnent l'autenticité à tout. Je vois avec
plaisir qu'ils réunissent ensemble le caractère auguste
du sacerdoce, & une espèce de magistrature qui fait la sûreté
des familles. La paix qui règne à cet égard dans
la société justifie notre confiance & suffiroit pour
leur éloge.
p 148 Justification de la dîme
des curés, contre les gros décimateurs absents des paroisses
Quand les évêques ont demandé l'établissement
de la dîme, & que les souverains y ont consenti, on n'a pas
voulu sans doute tromper les peuples; on leur a dit : vous avez besoin
de pasteurs pour vous conduire, & de temples pour les exercices de
la religion ; il est juste de pourvoir à la subsistance des uns
& à l'entretien des autres. Ce n'est donc qu'en prélevant
un droit sur vos fonds qu'on peut vous satisfaire. Croyez-vous, prieur,
que les peuples se seroient prêtés aussi volontiers à
cet impôt, & que l'Etat qui les protège y eût donné
sa sanction? Si, au contraire, on leur eût dit ; nous vous demandons
la dîme de vos héritages, pour les chanoines, les religieux;
ce sont des communautés éloignées d'ici qui ne vous
rendront aucun service, qui ne vous connoissent même pas ; mais
ils payeront une modique pension à votre curé, ils entretiendront
seulement une partie de votre église, le reste demeurera à
votre charge, ainsi que la maison curiale; vous n'aurez droit d'en rien
exiger pour vos pauvres; ce sera à vous, à vous dépouiller
d'une partie de vos biens & à en frustrer vos héritiers,
si vous voulez faire des fondations pour avoir une fabrique, & pour
reconnoissance du sacrifice qu'on vous demande, pour prix de la charge
qu'on vous impose, ces communautés prieront Dieu pour vous.
p 213 Rang du curé, notabilité
Tout le monde sait qu'il n'y a pas un bénédictin qui ne
se croit supérieur à tout le clergé séculier
& qui regarde un curé comme une espèce de vicaire qu'il
paie pour desservir une paroisse.
... un curé doit bien tenir dans le monde le rang de tout honnête
bourgeois, d'un commerçant aisé, d'un avocat & même
d'un gentilhomme. C'est sur ce pied-là que nous considérons
nos curés. Leur caractère, leurs études, leur titre,
leurs fonctions & leurs service, nous les rendent respectables.
p 215 Budget d'un curé
Indépendamment des secours qu'un curé doit avoir en main
pour les pauvres, il lui faut la nourriture pour deux personnes. Lui refuserez-vous
un domestique? ... Mais trouverez-vous la nourriture et l'entretien de
deux personnes avec cinq à six cens livres? (Valeur de la portion
congrue)
p 216 Pour vous convaincre, suivons
l'auteur de ces observations, & entrons avec lui dans quelque détail...
Rien de plus facile; c'est de l'autel seul que doivent vivre les curés;
on leur a interdit le travail et le commerce. L'autel ... ne leur procure
pas plus de six cens livres, en y comprenant le casuel. Comparons ce revenu
avec leurs besoins; consultons la décence de leur état,
& point de lésinerie quand il est question de faire vivre des
hommes aussi essentiels...
p 216 /217 On vous demande pour la
nourriture de deux personnes ... dix septiers de froment, mesure de Paris,
qu'on a apprécié à deux cens quarante livres depuis
quelque tems, ils valent souvent plus que moins..
voir aussi p 253, divers prix du blé
en 1768; portion congrue de cinq cents livres équivalente à
25 setiers de froment; coût plus élevé suivant les
régions ; Paris 631 £, en Guyenne 716 £, en Provence
725 £
p 217 Continuons, trois muids de vin
qu'on estime deux cens livres. Oh ! Madame, c'est trop de moitié.
Ne lui en donnez point du tout. - Cependant, indépendamment de
sa nourriture, il lui en faut pour la messe; et il en a besoin pour ses
pauvres malades qui n'en trouveroient pas ailleurs, sur-tout dans les
pays où le vin est rare. L'on vous a aussi observé qu'il
a encore des devoirs d'hospitalité à remplir. -Mais si vous
exigez pour deux cens livres de vin, ne puis-je pas vous répondre
qu'il peut se procurer d'autres boissons à meilleur marché
? Fort bien, le curé qui fatigue de son état boira du cidre
ou de la bière; & vous, Messieurs les moines qui n'avez rien
à faire, vous aurez du vin choisi pour votre ordinaire, des vins
étrangers pour le dessert; & parce que vous êtes riches,
vous userez tant que vous voudrez du café et des fines liqueurs.
(paragraphes suivants sur l'opulence de la table des chanoines et moines)
Le muid de bled, mesure (des grains)
de Paris, contient douze sestiers; le sestier deux mines. (Olivier De
Serres)
Le setier de Paris valait 12 boisseaux de 640 pouces de setiers cubes,
soit 152 litres (Wikipédia)
Le muid (mesure des liquides )de vin de Paris contient deux cent quatrevingt
pintes (Furetière 1690)
presque 280 litres (dico du vin)
p 219 Nous avons déjà
employé plus des deux tiers de la portion congrue, & nous n'avons
encore que le pain & le vin. Sans doute qu'il faut leur donner de
quoi acheter de la viande. Au moins, son domestique peut s'en passer.
Car il faut alors que le domestique vive d'autre chose. - Un curé
peut vivre avec une livre de viande par jour. - Fort bien, pour deux ersonne,
c'est à chacun un quarteron par repas...
p 220 Sans doute que Madame n'exigera
pas que nous fournissions du poisson à MM les curés. - Non,
il faut le laisser à ceux qui sont obligés par état
à un carême perpétuel...
p 221 Je crois qu'il faut prendre un
prix moyen pour estimer ce qui est nécessaire à l'ordinaire
d'un curé, soit en gras, soit en maigre, y compris le sel qui fait
un gros article, & tout le reste de l'assaisonnement. Vous avez deux
fois par jour plusieurs plats sur vos tables; & je ne pense pas ...
qu'il y en ait beaucoup qui ne coûtent pas vingt sous. Eh bien,
je ne vous demande que le prix d'un seul de ces plats, pour les deux repas
du curé; encore le reste doit-il nourrir son domestique. C'est
ce que nous ne saurions estimer moins de trois cens soixante cinq livres.
Madame doit diminuer les collations du carême... & augmenter
les dîners...
p 223 / 224 A combien estimez vous
le bois & la chandelle pour la consommation d'une année? Sera-ce
trop de cent soixante livres pour ces deux objets ? ... Il est vrai que
la cherté actuelle du bois étonne & même alarme
depuis quelques années... Les curés se contenteront d'un
seul feu. Ils ont besoin d'étudier ; ils ont aussi quelquefois
des hôtes à recevoir ; le bois est une des aumônes
les plus nécessaires qu'ils soient dans le cas de donner.
p 224 / 225 Vous ne vous croyez pas
exempts du moins de leur procurer leur nécessaire pour leur ameublement;
les livres & les ustensiles du ménage. On vous demande pour
cela cinquante livres. Il leur faut aussi du linge & des habits; c'est
un entretien d'environ deux cens cinquante livres... Vous voudriez qu'un
curé fût habillé comme un paysan ? Vous craignez,
je crois qu'il ne soit respecté comme il doit l'être, en
conservant le décorum de son état... Qu'un pasteur ne soit
pas habillé comme un petit maître, cela est juste... mais
ne le forcez pas à se tenir si pauvrement que nous soyons privés
du plaisir de sa société.
p 226 Enfin, il faut au curé
de quoi payer les gages de son domestique & les salaires des gens
de journée qu'il peut employer. Ce dernier objet peut être
de cent vingt livres. -Je conviens, Madame, qu'en comptant ainsi, il n'est
pas difficile de trouver quinze cens livres... (p 226 paragraphe sur les
aumônes)
p 227 Il n'a point parlé, pour
ainsi dire, de l'hospitalité; elle est indispensable à la
campagne, sur-tout dans beaucoup de circonstances. N'est-ce pas au presbytère
que doivent naturellement s'adresser les officiers d'élection,
de maréchaussée, des militaires, des ecclésiatiques,
des religieux, & sur-tout homme honnête qui est surpris par
la nuit dans un pays où il n'y a point d'auberges?
Lui refuserez-vous aussi la satisfaction de voir quelquefois ses confrères
dans la belle saison, & de les recevoir chez lui ? C'est un juste
dédommagement de la solitude où il se trouve les trois quart
de l'année.
p 228 ... il est aussi obligé
à des frais de calendes et de conférences...
Les calendes et les conférences
ecclésiastiques sont deux notions historiques de l'Église
catholique qui désignent respectivement le temps rythmé
par la liturgie et les réunions de formation du clergé.
p 228 Il n'a point parlé d'un
cheval. Tous les curés sans doute n'en ont pas besoin; mais ceux
qui ont des hameaux très-éloignés de leur paroisse
peuvent-ils s'en passer? Ce n'est pas tout de l'acheter, de l'équiper,
il faut le nourrir; & cela ne coûte pas moins de cinquante écus
annuellement, c'est un objet de plus de deux cens livres ces années-ci.
p 228 Il n'a point parlé de
l'entretien du presbytère. Pour les réparations locatives
& usufruitières, on n'y suffit pas tous les ans avec un louis
d'or.
p 228 Il a oublié les décimes.
Je conviens que les curé à portion congrue sont très-ménagés
à cet égard dans ce diocèse; mais c'est une charge
qui n'est pas aussi légère dans beaucoup d'autres.
p 229 Il a oublié les maladies.
Un curé en seroit-il exempt? C'est cependant à la campagne
qu'elles sont le plus coûteuses, à raison de la privation
des secours & de l'éloignement des médecins. Un curé
pauvre ne sauroit faire aucune épargne pour prévoir ces
accidens; il est encore obligé alors de nourrir & de payer
le prêtre qui le supplée. Et dans sa vieillesse, Monsieur,
que deviendra-t'il?
p 230 Une famille s'est épuisée
pour la nourriture & l'éducation d'un prêtre pendant
environ douze ans, c'est un objet de deux mille écus; si elle n'a
reçu aucuns secours, & si elle a (n'a pas) profité d'une
bourse; elle a été obligée de pourvoir à son
entretien : tandis qu'il ne lui étoit d'aucune utilité;
& quand ce prêtre est placé & que ses parens sont
dans la misère vous le dispensez du devoir de la reconnoissance?
... Nos parens dans le besoin sont pour nour les premiers pauvres...
p 231 Je ne vois pas non plus que l'auteur
des observations ait parlé des dettes qu'un curé peut avoir
à acquiter. Peut-être est il encore redevable au séminaire
d'une partie de sa pension. Peut-être doit-il les avances qu'on
lui a faites pour l'aider à subsister dans un vicariat, qui ne
lui procuroit pas le nécessaire.
p 232 Et celles de prise de possession
& d'ameublement, quand il est entré dans sa cure? ... Prétendez-vous
que l'habitation d'un curé soit un taudis aussi mal propre que
la chaumière de ses paysans? Lui sera-'il interdis (sic) d'embellir
& d'égayer un peu sa solitude? Pauvre dans ses habits, à
sa table, & dans tout ce qui l'environne, sera-t'il réduit
à habiter quatre murailles nues et mal saines? Lui refuserez-vous
aussi des livres? Mais il ne peut ni ne doit s'en passer. Il est obligé
de s'instruire. Il faut qu'il s'occupe; il n'a pas tous vos amusemens
pour le dissiper.
p 312 Vieux curé
On ne sauroit imaginer le bien que fait encore un vieux curé dans
sa paroisse. Il jouit du respect & de l'attachement de tout un peuple
qu'il a baptisé, instruit, marié, confessé, assisté
de ses conseils, aidé de ses aumônes. Tous les paroissiens
l'honorent comme leur pere, il ne pourroit plus parler, & son seul
aspect suffit pour en imposer, il est comme une instruction vivante; il
auroit même essuyé quelques contradictions dans le commencement
que cela s'oublie.
p 373 Papiers d'identité, extrait
de baptême (Souhait de l'auteur)
Je désirerois que tout particulier qui vient s'établir dans
une paroisse (outre le certificat de vie & moeurs dont il doit être
pourvû) fût encore tenu de présenter au curé
son baptistaire, celui de sa femme, & de tous ses enfans, ainsi que
son acte de mariage.
p 378 Fêtes chômées
trop nombreuses
Ignorez-vous donc l'abus du trop grand nombre de fêtes? Le peuple
perd doublement ces jours-là, & par l'omission du travail,
& par les dépenses. Moins de jours de fêtes, moins de
débauches... L'ouvrier commet plus de fautes (en) un seul jour
de fête que pendant toute la semaine.
p 382 Liens interdits entre parrains
et parents
Ne seroit-il pas possible de lever aussi l'empêchement dirimant
entre les parrains & marraines, & les pere & mère de
leurs filleuls?
Un empêchement dirimant est un
obstacle légal ou réglementaire absolu qui empêche
la réalisation d'un acte juridique ou entraîne sa nullité
absolue s'il est tout de même accompli.
Définition : C'est une condition de fond essentielle dont l'absence
ou la violation (comme la polygamie ou un lien de proche parenté)
permet d'annuler un mariage.
Avant le Concile de Trente (1563) : L'Église interdisait le mariage
entre les parents d'un enfant et ses parrain et marraine en raison d'une
« parenté spirituelle »
Toute personne (sage-femme ou autre) ayant baptisé un enfant en
cas de nécessité contracte également avec lui l'alliance
spirituelle.
Le parrain (ou l'homme qui a baptisé l'enfant) ne peut épouser
la mère de l'enfant et, pareillement, la marraine (ou la sage-femme)
ne peut épouser le père de l'enfant. Ils sont qualifiés
respectivement de compères et commères.
Il a existé, avant le concile de Trente, un empêchement de
mariage entre un baptisé et les enfants de son parrain ou de sa
marraine, assimilés à des frères et sœurs, et
que le concile a en outre reconnu qu'il n'existait pas d'empêchement
de mariage entre le parrain et la marraine d'un enfant baptisé.
L'empêchement prohibitif interdit la célébration de
l'acte, mais si l'acte a lieu malgré tout, il reste valable (seule
une sanction pèse sur l'officier qui l'a célébré).
L'empêchement dirimant, lui, casse l'acte.
p 388 A propos du "don gratuit"
Chacun doit le tribut aussi-bien que l'obéissance. Les prêtres
remplissent donc également un devoir en payant l'impôt, comme
obéissant aux loix du souverain. Ce terme de Don Gratuit ne me
paroît pas digne de sujets aussi fidèles, & qui doivent
donner l'exemple.
p 391 Rentes du clergé, décimes
J'ai lu dans un des mémoires pour les portions congrues que dans
les cent vingt-un millions deux cent quatre-vingt-dix-neuf mille cinq
cent livres de rentes dont jouit le Clergé, la part des curés
étoit de vingt-deux millions, & que sous les seize millions
de décimes, les curés payoient environ onze millions.
p 410 Scellés sur l'héritage
d'un curé
Je trouve encore que l'on commet une injustice envers les héritiers
d'un curé quand, après sa mort, on met le scel dans sa maison,
à cause des registres de sa paroisse.
p 475 à 480 "Table des
lettres" résumé de chaque chapitre

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